ILLUSION ICEBERG

Des échanges sans tabous et authentiques pour montrer une autre facette de l'entrepreneuriat, celle dont on parle peu, celle qu'on ne voit pas et qui pourtant... nous en dit beaucoup plus sur l'entrepreneuriat que ce que les médias nous offrent ! 

Sakalé Traoré : "Mon challenge aujourd’hui c’est de pouvoir formaliser tous mes partenariats pour préserver ma structure des ruptures de contrats précoces... Je suis obligée de toujours me surpasser, montrer que la femme mérite sa place dans le monde de l’entrepreneuriat"

Talata Sow, chargée de développement a interviewé Sakalé Traoré, fondatrice de Mamali Moringa. La face cachée derrière une des pionnières du Moringa au Mali, à découvrir avec YeleenMa Consulting !

 

Quel est ton parcours en quelques mots ?

Après 2 années passées en Chine où j’ai fait une partie de mes études universitaires, je suis retournée au Mali pour me spécialiser en Sciences Agronomiques à IPR.

En 2016, je me suis lancée dans la transformation du moringa en produits cosmétiques et en produits alimentaires.

A ce jour, considérée parmi les pionniers de cette innovation au Mali et après avoir acquis des années d'expériences, j’envisage l’externalisation de ma marque dans les pays de la sous-région comme Sénégal, Côte d’ivoire, Guinée, Niger, Burkina Faso…

Qu’est ce qui te pousse à te lever tous les matins ?

Pour moi, le fait d’être une source d’inspiration pour d’autres jeunes filles est une responsabilité qui me tient à cœur. Aussi de savoir que grâce à mon activité je contribue au développement de mon pays, le Mali, en offrant des opportunités de travail aux jeunes tout en formant des femmes de toutes les couches sociales dans la transformation du moringa qui pourront être des meilleures entrepreneures demain.

Plus jeune te voyais-tu entrepreneure ?

Oui ! Par ce que je me rappelle que toute petite j’avais commencé à développer ce désir d’entreprendre grâce à ma mère qui était une entrepreneure accomplie. Souvent, en période des festivités, je revendais des petits articles aux côtés de ma mère. Je peux dire qu’elle a joué un rôle important dans mon parcours d’entrepreneure à travers son soutient qui m’a permis de réaliser mes rêves d’enfance.

J’ai toujours préféré l’indépendance au salariat. Je ne me suis jamais vue employé mais plutôt employeuse d’où l’idée de fonder mon entreprise.

Qu’est ce qui te fait vibrer ou te motive dans le fait d’être entrepreneure ?

Comme tout entreprise qui veut satisfaire sa clientèle, la satisfaction de ma clientèle me motive de continuer et confirme que je suis bien sur la bonne voie. D’un autre côté, j’ai de la considération envers mes employés car de nos jours il est important d’être une source d’inspiration pour son personnel et aussi de développer une relation de confiance avec ses employés. La période du Covid l’a attesté et grâce à la détermination et aux mots d’encouragements de mes employés, j’ai trouvé la force de continuer et de jouer mon rôle.

Quelle était ta plus grande appréhension ou peur par rapport à l’entreprenariat ?

Tout entrepreneur redoute d’offrir des produits qui seront un échec sur le marché faute de qualité et de ne pas pouvoir satisfaire la clientèle surtout quand il s’agit des produits personnalisés. Je travaille dur pour avoir des produits finis de qualité et en plus de ça je travaille aussi pour faire grandir ma structure.

As-tu encore cette appréhension ? Si oui comment fais-tu pour travailler avec ? Sinon comment as-tu fait pour t’en débarrasser ?

Déjà, être une jeune entrepreneure au Mali n’est pas facile, en plus de cela être une femme, ça rend les choses encore plus difficiles. Je suis obligée de toujours me surpasser, montrer que la femme n’est pas inférieure à l'homme et mérite sa place dans le monde de l’entrepreneuriat. Je dois toujours innover et m’adapter à l’évolution du marché, en plus je fais attention au feedback du client pour m’améliorer.

Il faut dire plus on avance dans la vie plus on apprend. Mon challenge aujourd’hui c’est de pouvoir formaliser tous mes partenariats pour préserver ma structure des ruptures de contrats précoces.

Peux-tu nous raconter ton premier échec ?

Cet échec m'est arrivé au tout début de l’activité avec une perte de près de 3 millions.

Au tout début de l‘entreprise, je faisais la transformation du Moringa en produits cosmétiques (shampoing et démêlant à sec). De ce fait, lors du salon SARA en Côte d’Ivoire (Salon de l’Agriculture et des Ressources Animales), j’ai réussi à obtenir une grosse commande de 2 millions. Cependant, la personne qui était chargée de faire la composition chimique a bâclé le travail, autrement dit, tous les produits ont été gâté, d’autres ont même explosés avant d’arriver à destination... Aujourd’hui, je peux dire haut et fort que Mamali a beaucoup évolué et cela grâce à cet échec qui m’a permis non seulement de redoubler d’effort afin de rembourser la cliente mais aussi de pouvoir continuer l’activité.

Quel est l'évènement ou la réalisation qui t'a le plus marqué depuis la création de ton entreprise ?

La formation de 6 coopératives composés de 60 femmes par coopératives. Cela a été l’un des plus grands événements qui m’a marqué et surtout les feedbacks de ces femmes formées qui étaient très encourageants.

Le dernier mot ?

J’invite l’Etat à reconnaitre le talent, l’innovation et l’impact de l’entrepreneuriat des jeunes sur le développement économique du pays ! Cela serait encourageant pour ces jeunes s’ils pouvaient être honorés à travers des prix de reconnaissance par exemple.

Aussi, j’incite les structures d’accompagnement à donner des réseaux à ces jeunes entrepreneurs afin de bien évoluer dans l’environnement où ils se trouvent. Pour le reste, que l’accompagnement se fasse uniquement selon le besoin de l’entrepreneurs.

 

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